4 mois de prison avec sursis requis contre le chasseur qui a tué une ourse dans les Pyrénées lors d’une battue

Le procès de 16 chasseurs, dont celui qui a tiré sur l’ourse Caramelles en 2021 lors d’une battue en Ariège, touche à sa fin. En attendant les réquisitions du procureur et la plaidoirie de la défense, les associations réclament des compensations financières pour la mort du plantigrade.

Après le récit du chasseur qui, lors de la première journée d’audience, a expliqué qu’il n’avait pas eu d’autre choix que de tirer, la parole a été donnée aux parties civiles, ce mercredi 19 mars 2025, devant le tribunal correctionnel de Foix en Ariège. Les associations environnementales et de défense des animaux réclament réparation après la mort de Caramelles, tuée après avoir attaqué un chasseur lors d’une battue au sanglier. Quatre mois de prison avec sursis ont été requis à l’encontre du tireur.

Olivier Mouysset demande également à ce que le chasseur ne puisse pas détenir et porter une arme pendant deux ans. Il requiert par ailleurs la confiscation de toutes ses armes, le retrait de son permis de chasse pendant deux ans et une amende de 300 euros.

Quinze autres chasseurs sont jugés pour diverses infractions. Le procureur a demandé que tous les permis de chasse soient suspendus entre huit mois et deux ans. Le montant total des amendes requises s’élève à 13.900 euros.

Plus de 460.000 euros pour compenser la mort de l’ourse

« Nous voulons que la faute soit actée et une réparation du préjudice environnemental. Il faut a minima qu’un ours soit réintroduit pour compenser la mort de Caramelles« , a déclaré Me Alice Terrasse lors des plaidoiries des parties civiles.

Pour les associations environnementales et de défense des animaux, il faut que les seize chasseurs qui ont participé à cette battue soient condamnés solidairement.

La somme de 175.000 euros a été réclamée par l’une des parties civiles, un montant qui correspond au coût de la réintroduction d’un ours. Une autre association demande 100.000 euros au titre du préjudice.

Au total, 467.000 euros de dommages et intérêts sont réclamés.

Les parties civiles ont par ailleurs insisté sur le fait « que l’État tienne ses engagements » et procède à de nouveaux lâchers pour compenser la disparition des ours tués par l’Homme. Déjà quatre depuis 2020.

Pour sa part, Me François Ruffié, avocat de l’Association pour la sauvegarde et la protection des animaux sauvages (ASPAS), a pointé des « imprudences et négligences » des chasseurs. « Vous êtes les gardiens » de la biodiversité, « nul n’est censé ignorer la loi et les limites de la réserve« , leur a-t-il lancé. Pour rappel, l’ourse a été tuée à environ 400 mètres de la zone de chasse autorisée, dans la réserve du Mont Valier.

La défense plaide la relaxe

Les seize chasseurs poursuivis se sont succédé à la barre lors de ce procès. Âgé de 81 ans, le retraité qui a raconté son face-à-face avec l’ourse Caramelles, doit répondre de la destruction d’une espèce protégée. À l’audience, il a expliqué avoir été attaqué par l’animal et qu’il n’avait pas eu d’autre choix que d’appuyer sur la détente. Le procureur a requis quatre mois de prison avec sursis à son encontre.

Les autres chasseurs, poursuivis pour diverses infractions, ont reconnu des négligences et une certaine méconnaissance des règles de chasse dans la réserve, tout en plaidant leur bonne foi. Me Charles Lagier, avocat de la défense, réclame la relaxe des prévenus. Lui pointe la défaillance des services de l’État qui auraient dû, selon lui, avertir les chasseurs de la présence de l’ours et demander de cesser la battue.

La décision du tribunal correctionnel de Foix a été mise en délibéré au 6 mai 2025.